L'appartement, la salle de classe, l'atelier.

1. J'habite Villespy

Publié par Colin Gravot

Journal du projet

Depuis vendredi dernier, j'habite place de l'école à Villespy, dans un appartement prêté par la mairie. Juste sous l'appartement, au rez-de-chaussée, se trouve la salle de classe de l'école ; et séparée par une porte, une seconde salle qui abritera un coin d'atelier.

Trois espaces réunis dans un bâtiment, formant un petit monde d'une centaine de mètres carrés. Le bâtiment est au cœur du village, un autre petit monde qui se déploie du ruisseau à la Grand Rue, de la mairie à l'église. Lui-même est inscrit dans un monde plus vaste, le Pays Cathare. Trois mondes imbriqués les uns dans les autres, qui me sont encore largement inconnus.

 

Il y a toujours ce moment de flottement assez étrange quand on s'acclimate à un nouveau logement. Chez moi, ça se traduit par une observation appuyée des choses les plus banales qui m'entourent. Je regarde consciencieusement les portes et les fenêtres, les murs et les plafonds, les placards et les ampoules, avec une curiosité qui ne durera pas longtemps. Je sens encore les odeurs singulières de chaque pièce, qui finiront par disparaître lorsque l'habitude s'y installera. J'ai cette impression que les lieux attendent silencieusement que je fasse le premier pas, et qu'on se mette enfin sérieusement à faire connaissance.

 

Alors je sors mes affaires, et j'aménage l'appartement avec le mobilier que m'a gentiment prêté Rachel, l'institutrice. Puis je pars faire quelques croquis dehors sur la place de l'école.

 

Il y a l'école, donc. Une trame régulière poteaux-poutres bien lisible en façade, un petit auvent maçonné, des stores, un panneau d'affichage à l'entrée avec entre autre le menu de la cantine. Ni vraiment neuve, ni franchement vieille, une école qui me rappelle la mienne dans son architecture sobre et ses couleurs pâles. J'ai l'impression qu'elle m'est déjà un peu familière.

Juste à côté, la porte de l'horloge, une tour de pierre percée d'un passage voûté.

De l'autre côté, la mairie.

En face, la charcuterie ; son enseigne en métal projette une ombre bien découpée sur le mur.

[...]

 

Et je continue comme ça, sur plusieurs jours, à me créer des repères à l'aide de croquis. Comme pour quadriller mon nouveau lieu de vie, me l'approprier, et pouvoir me rendre compte que oui, c'est bien ici que j'habite.

La charcuterie ; la vieille maison ; la cloche de l'église.

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