Le protocole pour une représentation sensible d'un lieu d'étude, affiché en grand sur des chevalets lors de la restitution

L'émergence d'un protocole

Publié par Chloé Mariey & Mélanie Metier

Journal du projet

Questionner le processus plutôt que le résultat

Au fur et à mesure des ateliers que nous proposons aux enfants, ceux-ci se transforment, se détournent. Certains comme le collage n'éveillent que peu d'intérêt et d'imaginaire alors que celui de la maquette permet à certains d'exprimer des sensations en trois dimensions. Le sujet de l'atelier, bien qu'il soit important de le définir et de l'appréhender bien en amont ne suffit pas à atteindre les objectifs que nous nous sommes donnés. La façon d'amener l'atelier, notre manière de l'expliquer, influence également beaucoup le déroulement de ce dernier. Il s'agit d'imaginer le cadre, le contexte dans lequel s'inscrire, assez flexible pour qu'il puisse donner l'envie de s'en affranchir. Au fil des résidences, nous commençons également à tisser un lien entre toutes ces expérimentations. Nous créons des échos entre les différents outils utilisés, tentons de développer une histoire entre les enfants, un site, des outils, des gestes et nous-mêmes. En travaillant avec les enfants, nous pensions pouvoir tirer partie de leurs productions, en terme graphique, permettant d'alimenter notre travail de recherche. Notre sujet s'est peu à peu décalé, transformé, nous pourrions dire élargi. Bien plus que le résultat graphique, c'est notre propre expérience, à cet instant t, avec les enfants de Beaurevoir, que nous avons souhaité interroger, et particulièrement notre méthode, notre processus.

Prendre du recul pour élaborer un protocole

Depuis le premier jour que nous avons passé à Beaurevoir, jusqu'au dernier, nous avons rédigé des compte-rendu communs à nous deux, le soir, assises à une table du bar de Beaurevoir. Dans ces comptes rendus, deux parties : la première décrit le déroulé de chaque atelier, de manière objective et précise ; il nous sert de mémoire. La seconde interroge ce qui s'est produit dans cet atelier, que ce soit en terme graphique, pédagogique, les réactions des enfants etc... Au jour le jour, nous nous efforçons ainsi à prendre une distance par rapport à nos actions, nous tentons de décortiquer l'inexplicable, parfois sous le coup de la tension, ou plutôt de l'émotion. Peu à peu, ce qui était instinctif et non dit entre nous, sur nos méthodes de travail, d'approche d'un site, des enfants, s'est retrouvé disséqué, couché sur le papier dans les moindres détails. Nous tentons à nouveau de créer des liens, de mettre dans l'ordre : le début d'un protocole.