# Étincelle(s)

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Publié par Alexandra Lucchesi- Frébault

Journal du projet

Derniers jours / Restitution publique

Le mystère du Roi Gros

La dernière semaine de présence dans l’établissement a été intense :

Le lundi 25 juin, avec les élèves et les enseignantes, nous avons ajusté les accessoires et les éléments de costumes ; nous en avons profité pour écluser les rires qu’occasionnent de tels accoutrements ! En effet, nous nous étions entendus pour que tous les élèves soient vêtus de noir et arborent en temps voulu un petit élément gag-esque qui caractérise efficacement les personnages. Je tenais à cette esthétique dépouillée, qui est celle que je privilégie lors de mes expériences professionnelles, mais il me semblait important que les élèves – qui s’imaginaient déjà en costume de la tête aux pieds- puissent être dans l’amusement et le détournement de leurs personnalités via les artifices grotesques du farce-et-attrape.

Le mardi 26 juin, j’attendais les élèves avec deux de mes comparses comédiens au lycée agricole de Vesoul afin de répéter dans le lieux de la restitution. Après un pique-nique ensoleillé, les élèves ont pu découvrir la salle de spectacle et j’ai pu voir la joie, et le très grand sérieux, les saisir d’un coup. Bam, ferrés par l’esprit de la fête et la responsabilité du geste artistique offert aux yeux de l’autre.

Le mercredi 27 juin, nous avons proposé un filage publique dans le hall de l’établissement scolaire aux élèves des deux classes non-concernées par le projet du Roi Gros ; ce fut un beau moment d’écoute et de partage (le spectacle durait 1h40 !) et les comédiens ont fait l’expérience – décoiffante – des premiers rires et des premières réactions.

Enfin, le jeudi 28 juin, les pouls brassés d’impatience et de jubilation contenues, nous sommes tous retournés dans l’amphithéâtre du lycée agricole et la générale a eu lieu sous le regard bienveillant, et lumineux, de notre éclairagiste. A 19h30, après un bref aller-retour à leurs domiciles respectifs, les élèves sont revenus et j’ai ainsi pu leur offrir un petit cadeau de première. Sur une guirlande lumineuse, j’avais disposé leurs portraits ; quelques jours auparavant, lors de la séance-photo, je leur avais demandé de porter une couronne dorée pour l’occasion. L’objet-couronne a été un élément de rencontre, et de mise en lien avec mon projet d’écriture parallèle, très important ; il renvoie pour moi à la dignité intérieure, au soin que l’on prend de soi-même, à sa capacité à se respecter et à s’accorder de l’amour. Je voulais qu’ils entendent qu’ils étaient des rois, des reines, pour ne pas l’oublier et surtout, pour ne jamais laisser quiconque les déposséder de cette croyance belle et secourable.

Puis, est arrivée l’heure fatidique : celle du spectacle, de la lumière et des cœurs battants derrière le rideau noir !

La représentation fut belle, rythmée, enjouée ; les comédiens ont été épatants ! Certains grands timides ont d’un coup accepté d’être des petits soleils sur la scène. Que d’émotions. Tous ont connu le bonheur de porter une œuvre collective devant un public venu en nombre ; je sais que cette audace partagée les portera longtemps et leur aura donné le goût de se dépasser.

Je remercie infiniment madame Breney et madame Martin, institutrices, sans qui rien n’aurait été possible ; elles furent de merveilleux relais. Je salue ici le très bel engagement qui les lie à leurs métiers : au fil des séances, je les ai vues tour à tour être enseignantes, psychologues, figures maternelles et gardiennes de l’ordre et du cadre nécessaire.

Je remercie madame Burney, directrice de l’école du Luxembourg, pour sa bienveillance, sa jovialité, son enthousiasme et sa grande disponibilité.

Je remercie madame Lamay, chargée d’éducation musicale, pour son temps généreusement offert et l’apport de sa créativité sur le projet du Roi Gros.

Et, bien sûr, je remercie mes-presque-cinquante compagnons de théâtre ; ensemble, et portés par un enthousiasme persistant, nous avons relevé un très beau défi de théâtre riche de sens, d’humour et d’humanité.