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Pinède, forêt de vie

Publié par Dorian Degoutte

Journal du projet

Visite des forêts dunaires avec Côme. Il me guide dans les parcelles domaniales avec la chienne de son collègue qu’il garde en ce moment. Il la tient en laisse et la chienne très excitée s’emmêle à chaque bosquet de genet qu’elle va renifler.
Ces forêts de pins ont été plantées, entre autres, pour protéger et développer la vie près de l’océan. Faire barrière aux tempêtes de sable et aux déplacements des dunes qui rendaient la vie impossible autrefois. Tous ces arbres ont donc été plantés et sont entretenus par l’Homme. Cela me fait toujours beaucoup d’effet lorsque je réalise qu’un élément, aussi important que la forêt, que je fantasme naïvement sauvage, est en réalité l’œuvre de l’Homme. Je tombe à chaque fois dans le piège des images d’Epinal que véhiculent ce genre de régions. Pourtant, l’origine de ces forêts n’est absolument pas cachée. Bien au contraire, ce patrimoine naturel est souvent mis en valeur. D’ailleurs, on peut lire régulièrement des panneaux pédagogiques sur la création des forêts landaises dans la moitié du XIXe. Au-delà de l’industrie que cette idée aura permis de développer, c’est un « coup marketing » de génie, qui aura forgé l’identité de ce territoire (et accessoirement fait vendre beaucoup de cartes postales).


À une échelle moins touristique, ça me rappelle aussi les terrils (très grands tas de terre résultant de l’exploitation minière) dans le nord de la France qui sont aujourd’hui des petites montagnes sur lesquelles la nature reprend ses droits. Certains sont même aménagés pour la randonnée et autres activités de loisir.


Mais je pense surtout aux Alpes, d’où je viens, et à quel point les montagnes sont elles aussi sculptées et entretenues par l’activité de l’Homme. Beaucoup d’aspects des Landes me rappellent ma Haute-Savoie natale. Ce sont deux régions d’image qui communiquent énormément sur l’identité d’une nature préservée et sauvage. Les saisons sont marquées et cadencées par les flux touristiques massifs qui remplissent l’espace ou le vident totalement. La population locale, composée principalement d’autochtones et de saisonniers ou néo-ruraux venus d’ailleurs, s’est construite autour de l’industrie du tourisme et de l’exploitation des richesses locales. Ce sont deux régions relativement riches et privilégiées. Malgré leur isolement, elles restent connectées avec l’actualité du monde grâce aux flux de populations qu’elles brassent. Les montages d’un côté et l’océan de l’autre, sont deux éléments géographiques très fort, qui influencent directement les usages, les rythmes, les mentalités, l’architecture, les ressources de ces territoires.

Les Ateliers Médicis seront exceptionnellement fermés le jeudi 30 janvier 2020.