Guillaume Cochinaire

Guillaume Cochinaire

Diplômé(e) de
ENSAD Nancy

EXTRAIT DU CATALOGUE DE L'EXPOSITION : LE TRAVAIL DE LA POUSSIERE

"J'ai toujours dit savoir exactement le cheminement qui me poussait à créer une pièce. Chronologiquement il y a toujours un avant et un après et c'est quasi systématiquement qu'en travaillant sur un projet, l'esquisse du prochain apparaît. Je peux percevoir le même simple phénomène de corrélation dans ma production plastique en rapport à l'environnement de ma jeunesse et à mon vécu. Par exemple, ayant grandi dans le quartier actuel des rives de Meurthe, l'ancien quartier industriel de Nancy, il est assez clair pour moi que mon attirance pour les vieux objets vient de là. Mes terrains de jeu allaient des bâtiments désaffectés des abattoirs de Nancy, à l'atelier de La Marbrerie familiale boulevard d'Austrasie en passant par l'ancienne déchetterie et les amis qui m'accompagnaient à la sortie de l'école pour rentrer chez moi étaient des SDF. Des caveaux funéraires pour jouer à cache-cache et des fémurs de boeufs pour jouer aux osselets. 

« Au concours d'entrée des Beaux-Arts, je présentais des travaux sur un sujet plutôt singulier : le placenta. J'avais fait des grands panneaux comportant systématiquement trois éléments : un titre qui était le mot "placenta" dans différentes langues et donc avec ses étymologies différentes ; une arborescence de couleur différente suivant l'ambiance du tableau ; des textes superposés aux motifs, repris d'auteurs dont je soupçonnais qu'ils étaient en train de faire des tentatives de transcription de réminiscences placentaires.

Les années qui ont suivi mon entrée aux Beaux-arts, je fus pris d'une boulimie pour la diversité des matériaux, des médiums et des formes, ce qui eut pour effet de me faire m'atteler à une tâche des plus laborieuses : la réalisation d'un court-métrage d'animation. Retour plaisant au jeu d'enfant, cela constituait pour moi surtout une manière de ne pas avoir à faire de choix entre les différentes techniques de l'expression plastique, car en faisant de l'animation stopmotion on touche aussi bien à la vidéo qu'au son, à la photographie, à la danse, la sculpture, l'architecture et le dessin. Soit une sorte d'art total. Caractéristique potentiellement permise par la technique de "l'image par image", dont je décidais d'ailleurs de comprendre à fond le fonctionnement. Je remontais donc les origines du cinématographe jusqu'à la conflagration, dans l'invention de la photographie, des phénomènes de sténopé et de photosensibilité et plus loin encore jusqu'à l'épisode du voile de Véronique sur le chemin de croix, première image dite "acheïropoïete ».

Journal du projet 9 mai 2017 Projet Hugin et Munin, la pensée et la mémoire De Guillaume Cochinaire
Mon projet avance à grands pas! Voici le texte écrit pour accompagner ma pièce lors de l'exposition de fin de résidence.