Les enfants que nous ne rencontrerons jamais…

Publié par Mathilde Lebrun

Journal du projet

Avant même que nous n’ayons pu nous rendre une fois à Jeandelaincourt, le Covid a sonné la fin de notre épopée. Jeandelaincourt ne restera pour nous qu’un rêve, un village imaginé. Mais nous ne comptons pas en rester là.

Nos semaines de résidence à l’école étant prévues en avril et en mai, le confinement nous a obligé à revoir notre mode d’intervention. Nous tenions malgré tout à établir un lien avec nos petits collaborateurs. Très vite, nous nous mobilisons pour trouver des moyens de communiquer avec eux. Dans un premier temps, c’est un peu chaotique car notre institutrice Anne-Laure doit également s’adapter à la situation. Puis le contact s’établit de façon fluide et ludique grâce à l’interphase pédagogique ONE. Ce réseau social éducatif est doté d’une messagerie qui nous permet de dialoguer avec les élèves, ainsi que d’un espace de partage dans lequel nous pouvons déposer de la documentation.

One

Pour établir un premier contact, nous décidons de réaliser chacun une vidéo de présentation. Par ce format, nous voulons offrir aux enfants un aperçu dynamique de nos métiers respectifs et de nos travaux. Ce n’est pas aussi facile que nous l’imaginions. Il nous faut nous mettre à la place d’un jeune public qu’il est difficile d’imaginer comme nous ne les avons jamais rencontrés. Nous devons adapter notre langage et le jargon de nos pratiques pour les rendre compréhensibles à notre jeune auditoire. C’est pour nous aussi un bon exercice et nous nous prenons rapidement au jeu. Une fois partagé sur ONE, les élèves semblent heureux de ce premier contact même si encore une fois, à distance et en virtuel, il est difficile d’appréhender les réactions. Certains élèves nous contactent via la messagerie pour nous demander des précisions sur nos pratiques. Ces échanges sont pour nous très agréables et nous nous réjouissons d’avoir suscité leur intérêt malgré la distance. 

Présentation Vidéo

En parallèle de ces premiers contacts virtuels avec les élèves, nous continuons l’élaboration de notre installation. Le confinement a quelque peu chamboulé la conception en nous fermant l’accès aux ateliers de construction. Il nous a donc fallu repenser les matériaux utilisés pour nous adapter à la situation. Après de nombreuses recherches de solutions, nous avons finalement opté pour un matériau accessible qu’il nous sera possible de travailler au GMVL : le carton. A la découverte de ce nouveau matériau, nous découvrons le monde des cartonnistes. En effet ce matériau que l’on pense bien connaître et que l’on côtoie régulièrement, offre un large éventail de possibilités de construction. On peut, par cette technique, transformer de simples cartons de récupération en meubles fonctionnels et robustes. Les constructions en carton reposent sur un principe de croisillons. La solidité d’un meuble est créée par son armature intérieure. Cette technique présente l’avantage d’être facilement mise en œuvre et les objets ainsi créés sont légers et faciles à transporter. 

Nous commençons donc la conception des objets lumineux en tentant de concilier les contraintes liées à l’électronique à celles amenées par le carton. Nous optons finalement pour des formes simples qui permettent de cacher l’enceinte et abstraire du regard la source sonore, tout en la surélevant à hauteur d’oreille. La source lumineuse se trouvera en haut de la colonne ainsi formée, portant la lumière à hauteur du visage du spectateur. Nous habillerons les ampoules de grands abat-jour qui renvoient à l’intimité d’un espace intérieur de salon en tamisant la lumière et en créant une douce atmosphère. 

Le carton restera brut pour rappeler les cartons contenant des souvenirs dans un grenier. 

Le logiciel Sketchup nous permet de modéliser et de donner forme à nos idées en en appréciant rapidement le rendu.

Sketchup

Compte tenu de la situation sanitaire, l’accueil des Ateliers Médicis est fermé.