jardinière ombres

Dernière résidence et représentation

Publié par Louise Morel

Dernière semaine de travail

Le 10 juin, lundi de pentecôte, nous sommes revenus à Lamothe-Fénelon, dresser une nouvelle fois notre structure dans le hangar aux hirondelles. 

Puis nous nous sommes attelés à certains éléments importants que nous n'avions pas encore eu le temps d'approfondir, comme le travail du son. Si le spectacle comprenait déjà quelques bruitages, ils étaient peu nombreux, et le fond sonore manquait cruellement.
Nous avons profité d'être à la campagne, dans un village semblable à celui de notre histoire, pour partir en quête de sons, de bruits, et les enregistrer.
C'est ainsi que Salomé et moi avons passé une partie de l'après-midi à traquer une poule d'eau, à casser d'épaisses branches mortes pour obtenir le meilleur craquement d'arbre, à guetter où on entendait le meilleur vent s'infiltrant dans des feuilles d'arbres ou de buissons, ou à enregistrer des oiseaux et des ruisseaux. Au mois de mai, nous avions déjà enregistré les grenouilles qui, le soir, au bord du lac, donnent des concerts assourdissants, ou encore les grillons, dans la nuit calme.
Tout ceci combiné, en cas de nécessité, à quelques sons trouvés sur le net, a été retravaillé et optimisé par Charly avant d'être enregistré dans un pad répertoriant l'ensemble des sons dont nous avions besoin pour animer notre village. 
S'y ajoutaient un harmonica, un hibou en bois, des claves, de l'eau qui coule, une clarinette, qui étaient déjà utilisés jusqu'ici, et auxquels nous avons ajouté le souffle grave dans une bouteille vide, ou des percussions aussi bêtes qu'une baguette de batteur sur cette même bouteille, ou une table frappée par cette baguette ou par des mains. 
Tous ces sons et bruitages amplifiés par un micro habillaient le spectacle en lui donnant une tout autre allure.

Tous ces sons, c'était moi, la narratrice, qui les prenais en charge. Il m'arrivait également d'avoir de la parole rapportée dans les textes que j'adressais au public, et dans ce cas, le micro me servait, me donnant une voix différente pour clarifier le changement de personnage dans le récit.
La narratrice est un autre élément du spectacle qui avait été assez peu travaillé jusque là, et que nous avons davantage vu cette dernière semaine. Il est en effet difficile de mettre en scène et de jouer à la fois, mais ce rôle, liant pour moi le plateau et la salle me tient à coeur. Il permet d'aider le spectateur à suivre, en lui donnant quelques clés que les images ne lui apportent pas forcément. La voix de la narratrice est aussi la voix rassurante de la personne qui raconte une histoire à un enfant, et à laquelle on peut se raccrocher même s'il arrive que l'histoire fasse peur. 
Tout comme le son, comme c'est un élément qui a été travaillé tardivement, il méritera amplement qu'on y revienne, pour davantage de finesse, de précision, de cohérence globale. Mais après les moments de travail dessus cette semaine-là, un débroussaillage a déjà été fait.

Cette semaine a également permis de terminer les bricolages que nous n'avions pas achevés, de finir de déterminer le déroulement de la fin du spectacle (qui lui aussi, aura par conséquent bien besoin d'être à nouveau travaillé en profondeur), de le répéter encore et encore, de régler les dernières lumières, et enfin d'assembler tous ces éléments. De lier, les choses les unes aux autres, de superposer, de répéter et d'enchaîner autant que possible la totalité du spectacle, jusqu'à l'après-midi du 17 juin, avant de montrer le fruit de ces longues heures de travail à cette classe formidable à qui nous en avions tant parlé, à leurs parents, et aux autres, venus passer ce moment avec nous.
Nous avons utilisé le temps que nous avions jusqu'à la dernière goutte, étions bien fatigués à l'issu de tout cela, mais heureux du résultat et de l'échange avec les enfants, leur maîtresse, Séverine, et ça n'était pas encore terminé !

enregistrements sonores
Salomé, essayant de capter le son du vent dans les feuilles

17 juin : représentation du Village aux mille roses

Ce jour là, à 18h30, nous avons encore fait un petit peu attendre les parents qui, pourtant, s'étaient débrouillés pour être à l'heure.
Ajustant les dernières "mises" (la mise en place des accessoires et costumes), vérifiant tout une dernière fois, nous nous sommes finalement encouragés les uns les autres avant que je ne sorte de la salle, accueillir les familles qui étaient venues en nombre pour découvrir notre spectacle.
Après quelques mots, j'ai fait entrer le public en salle, ai vérifié avec Benjamin que tout était bon en régie, avec Séverine que son appareil photo était bien installé pour filmer, que tout le monde était arrivé, et assis, puis j'ai respiré profondément, et j'ai démarré le spectacle.
Je suis entrée dans mon village.

Tout au long de la représentation, les enfants de la classe, assis en bordure de l'espace de jeu, ont été non seulement très attentifs, mais aussi très curieux et très réactifs. L'un d'eux, assis entre ma place et la régie, ne cessait de jeter des coups d'oeil à ce que Benjamin ou moi faisions, pour comprendre techniquement ce qui se passait. Lorsque j'ai déroulé le tapis de fleurs noires (encore inachevé, malheureusement) pour recouvrir les fleurs colorées de la place du village, je ne sais combien de paires de petites mains m'ont aidée à dissimuler correctement les fleurs à cacher.
Véritable soutien pour nous, nous avons eu un public bienveillant, souriant, riant, et c'était donc un beau moment de théâtre que nous avons échangé tous ensemble. Après le spectacle, j'ambitionnais une discussion avec le public, mais c'était en oubliant le fait non-négligeable que nous étions lundi soir, que les enfants avaient encore école le lendemain, et qu'il était déjà un peu tard. Chacun s'en est donc allé, tout en ayant rangé sa chaise, en nous remerciant, en nous faisant quelques retours pour certains, très constructifs et qui nous serviront bien pour la suite.

La Dépêche, que nous remercions, en a fait un article (ci-dessous), et pour notre part, une fois un brin de rangement fait, nous nous sommes détendus autour d'un verre bien mérité !

https://www.ladepeche.fr/2019/06/25/autour-du-spectacle-avec-le-collectif-kazico,8275650.php?fbclid=IwAR3HknQwIQmS0oJKQk3j7yMqaVJB630f7wwLa5retd1MUQd2N1fecFEfsgY

Représentation 17 juin
Photo de l'article de la Dépêche

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