Observation des pierres

Venue 2: Observations, jeux de rôles et pierre à secrets

Publié par Mélina Ghorafi

Journal du projet

Après une pause d’une dizaine de jours, nous sommes revenu.e.s à Aydat pour une nouvelle session. Nous avons cette fois-ci choisi de loger dans le village même afin de nous ancrer plus avant dans le lieu de travail et d’être plus facilement disponibles pour nos interventions avec les enfants. Toujours armé.e.s d’un nombre non négligeable de livres, nous avons retrouvé Fabienne et les élèves pour cette fois leur proposer un nouvel outil de recherche-collecte complétant la sacoche du chasseur de pierres : un carnet de notes, tels de véritables chercheurs expérimentaux. Nous avons opté pour une confection très simple à base de perforatrice et de gros fils, puis nous leur avons montré quelles étaient les possibilités de création qu’offrait ce support : pour ce faire, nous avions préparé nos propres carnets avec des histoires tirées de nos collections de pierres à nous. L’histoire de Mélina consistait à décrire les pierres comme des fruits poussant sur des arbres, et Nelo a tissé une narration autour des nutons (personnages du folklore belge) et d’oiseaux migrateurs. A ce jour, il s’agit sûrement du support qui a rencontré le plus de succès auprès des enfants ; ils réclament régulièrement de dessiner et écrire dedans. Ils se sont véritablement prêté·e·s au jeu, certain·e·s n’ont pas hésité à expérimenter en faisant des pop-ups et des cartes. On considère ces deux premiers objets, la sacoche et le carnet, comme la base du travail créatif qu’on met en place avec eux, leur base de données personnelles dans laquelle ils peuvent piocher et enrichir sans fin.

Nous avons par la suite proposé de mettre en scène des légendes inventées en prenant pour pivot les personnages récurrents du folklore local : le berger, la laveuse, le bouc, les brigands, les fées, le géant, l’ermite, le Diable, les lutins. Nous avons fabriqué des « cartes de personnages », dans lesquels nous décrivions leurs caractéristiques à la manière d’un roleplay avec une illustration. Les élèves se sont mis en groupes de 5-6, puis ont tiré deux cartes. Ils devaient ensuite imaginer une saynète autour de la rencontre de ces deux personnages en incluant également les pierres de leurs collections.

Le dernier atelier que nous leur avons proposé a eu un peu moins de succès. Nous avons fabriqué tous ensemble une « pierre à secrets ». Cela consistait à prendre chacun une pierre de sa collection, l’envelopper dans un papier sur lequel ils auront écrit au préalable un secret, puis de le recouvrir d’une feuille d’aluminium. Toutes ces petites pierres à secrets on ensuite été assemblées avec de la cire pour faire une pierre collective que nous avons laissé dans un coin de la classe pour que les enfants puissent y ajouter d’autres secrets pendant notre absence.

Pendant ce séjour, nous avons rencontré un après-midi David De Abreu, le directeur de l’Amta (Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne). Contactée depuis un moment afin de nous renseigner sur une possible conjonction entre pierres et traditions du Puy-de-Dôme, l’Amta nous semblait l’interlocuteur le plus à même de nous aiguiller. Il s’est avéré qu’en terme de chansons traditionnelles, qui est le fond le plus important de l’association, ils n’avaient pas grand- chose à nous partager, David nous a cependant généreusement donné et prêté des livres sur l’histoire de la sorcellerie locale et nous a montré des objets (une poupée et une canne) qu’ils s‘apprêtaient à montrer dans une exposition sur ce sujet.

Nous avons terminé cette phase en partant en repérage autour du Lac d’Aydat pour une balade poétique et imaginaire que nous voulions faire avec les enfants pour notre venue suivante.

 

Photos des activités

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