Lancement de la résidence

Lancement de la résidence

Publié par Collectif Pourquoi Pas !?

Journal du projet

Collectif Pourquoi Pas ?!

C'est parti pour 6 mois de résidence à Oyonnax. Oyonnax, ville lointaine pour des lyonnais comme nous. Ville discrète, méconnue des grandes villes alentours, bien qu'à une heure de Lyon seulement.  Ville industrielle, royaume du plastique et du peigne.

Un portrait qu'il conviendra d'étoffer. Nous allons en effet nous employer, durant cette résidence, à explorer le territoire oyonnaxien, afin de le documenter et de le comprendre. Nous utiliserons pour cela d'une part les outils de l'architecte et de l'urbaniste : l'analyse cartographique, le dessin d'observation, la maquette, mais également des outils plus personnels que nous souhaitons développer au sein du collectif : la marche, l'inventaire de la vie quotidienne,  la tentative d'épuisement d'un lieu chère à Georges Perec, la construction éphémère, ... Ceci est d'ailleurs l'objectif premier de notre résidence : au travers d'une intervention construite, révéler un élément de paysage ou d'architecture. Mettre en valeur une (la ?) spécificité d'Oyonnax. En présentant notre candidature à ce programme, nous n'imaginions pas effectuer une résidence déconnectée du territoire d'implantation. Sinon pourquoi sortir de Lyon ? Déformation professionnelle, tous les projets du collectif, de quelque nature qu'ils soient, s'inscrivent dans leur contexte et dialoguent avec lui. La ville est notre matériau. D'où un travail approfondi de recherche, d'analyse et d'interprétation sur Oyonnax, sa forme et son développement au fil du temps.

Au sein du collectif, nous avons pour la plupart grandi en milieu urbain, et nous travaillons aujourd'hui dans la métropole lyonnaise, principalement dans les villes périphériques,- Rillieux, Vaulx-en-Velin, Bron. Cette résidence est donc pour nous l'occasion de partir à la rencontre d'un modèle urbain finalement beaucoup plus répandu en France : la petite ville. Avec  ses 23000 habitants, Oyonnax est une ville modeste. Proche de Genève, Lyon, Bourg-en-Bresse et Annecy, elle est néanmoins assez isolée. Il faut aller au bout de l'autoroute A404, dans une vallée linéaire encaissée entre deux montagnes pour enfin trouver la capitale du plastique. On la découvre striée du sud au nord de différents axes : l'autoroute, la route de la forge, le cours de Verdun, le Lange, la voie de chemin de fer, le cours Anatole France. Comme coiffée par le peigne qui lui a valu sa renommée.

Premier stop : les archives départementales à Bourg-en-Bresse. Très peu de documents. Quelques cartes postales datant du début du XXème siècle, pas de cadastre. Tout est en fait stocké à Oyonnax, aux archives communales.

Nous prenons donc rendez-vous avec Mme Teresa Le Fellic, archiviste de la commune d'Oyonnax, anciennement employée au prestigieux musée du peigne et de la plasturgie. Nous passons deux heures trente avec elle, à l'écouter nous conter l'histoire d'Oyonnax. Ses origines, son expansion au XIXème et XXème siècle, son évolution suite au premier choc pétrolier de 1971, son état actuel (tout ceci sera développé dans un futur article). Nous comprenons très vite le lien étroit entre le développement de la ville, sa forme, et l'histoire de son industrie. Oyonnax est une ville productive, qui s'est construite par le travail. D'abord avec les peignes (en bois et en corne), puis avec la production plasturgique depuis le XXème siècle. Des rues tortueuses de la vieille ville aux grands axes de la ville nouvelle, tous les quartiers possèdent leurs traces de cette industrie.

C'est décidé, nous allons traquer ces traces, les identifier et les répertorier ! Vaste entreprise que nous effectuerons avec l'aide des élèves de l'école de Veyziat dans laquelle nous intervenons. L'aventure commence.

Les Ateliers Médicis sont fermés du 31 juillet au 22 août.