Eduardo Cruz, Truque 1, donne à voir le corps emprisonné, réduit et amoindrit par l’espace qui l’absorbe.

Trottoir

Un projet de Volmir Cordeiro
En cours

Volmir Cordeiro prépare un nouveau projet chorégraphique qui prendra la forme d’une partition/écriture. Elle sera ensuite transmise et partagée à un groupe de danseurs pour une création en 2019. Pour ce projet, Volmir s’intéresse à l’énergie du jeu, à l’enfance, aux figures marginales, du jardin à la rue, lieux qui lui permettront d’inventer un langage politique.

Dans la suite de ses recherches de l’espace, Volmir utilise le trottoir pour continuer de chercher les crises implicites et explicites des espaces qui l’attirent. Quelle serait la déviation dansée dans Trottoir ? Dans une société en menace de perte de liberté, comment réfléchir au jeu, au loisir, à la puissance de l’exposition, à la prostitution des corps, des gestes, des émotions, peut apporter une réflexion sur l'ampleur du contrôle et de sa dispersion - sa dépossession/possession - de partout? Volmir Cordeiro entend nourrir sa nouvelle pièce de ses rencontres avec les habitants de Clichy-sous-Bois et Montfermeil. Dans ce sens, il compte faire de l’espace public et commun un atelier ouvert pour répondre à la question « de quoi a-t-on besoin là, maintenant ? ». Se déclineront alors toutes sortes de jeux, pratiques, partages, au gré des envies et des besoins de chacun : cours de danse, marches, étirements, regarder des vidéos, des pièces dansées…

Trottoir : un espace de crise?
""Je pense au trottoir comme un espace où on surgit devant, en face, exposé. Au bout du plateau, dans la bouche de la scène. Tout devant. Nous, danseurs, serrés entre nous, et nous, danseurs, proches des spectateurs.
Ce trottoir est à la foi cru et violent, terrain propice à des danses de possession. Il devient l’espace d’apparition de crise des peuples ouvriers, marginalisés, prostitués, vendeurs ambulants dans des rues sans nom. Il héberge et fait tra- verser des hommes et des femmes, des enfants et des vieillards qui ont accepté de vivre avec la domination quotidienne sans néanmoins la subir. Si “descendre dans le trottoir” veut dire s’exposer à la crise d’une société mécanique, au- diovisuelle, exhibitionniste et pornographique; alors “faire le trottoir” veut dire ne pas craindre le feu, faire preuve de force, trouver un moyen de vivre qui permet de sortir de la frustration, de la soumission, de la norme oppressante. Le trottoir est donc à la fois le sol d’une crise sociale ainsi que la piste de danse dans laquelle les figures qui y habitent s’adressent à la civilisation contemporaine et ses formes d’écrasement, joie, et luttes pour l’émancipation.
Le trottoir se transforme en piste, en jardin, lieu de possession. Permettant à ceux qui le traversent de se débarrasser de tout ce qui est ennemi du vivant.

Comment rendre cet espace visible, plastique, matérielle dans la polyvalence des puissances recherchées par ce propos chorégraphique?

Ateliers Médicis

Seine-Saint-Denis

Localisation du projet