© Salim Santa Lucia - Ateliers Médicis / M. Gentil et L. Douet-Sinenberg - Ecole de Doue

Restitutions croisées

Juin 2018

Au cours de la Fête d’Ouverture des Ateliers Médicis en juin 2018, sont présentées des restitutions croisées de résidences Création en cours. Pour une centaine élèves âgés d’une dizaine d’années, c’est l’opportunité de montrer le travail réalisé en complicité avec les artistes en résidence dans leur école. Sur chacune des journées, sont ainsi mises en regard deux démarches artistiques, deux processus de création, et des écoles de territoires urbains et ruraux.  

Première journée / 18 juin 2018

Lundi 18 juin, première journée de restitutions et d’échanges autour des projets de Zelda Perez et Cécile Morelle « Le syndrome de Peter Pan » (théâtre) mené à l’école primaire La Chouette École de Richebourg et de Juliette Mancini « C’est le bordel dans ma cité » (BD) à l’école élémentaire Paul Eluard de Montfermeil. Les élèves sont impatients bien que le tract s’empare d’eux au moment de rentrer sur le plateau de la salle de spectacle des Ateliers sous le regard amusé et bienveillant de leurs professeurs et des artistes qui donnent les dernières consignes.

 

Premiers en lice, les élèves de CM1 et CM2 de l’école de Richebourg tentent de dresser une carte d’identité de l’ « enfant ». De manière chorale ils répondent, par le biais du théâtre et de la langue des signes, à la question « un enfant qu’est-ce que c’est ? » et nous font une visite guidée de leur royaume imaginaire de l’enfance idéale. Après une pause déjeuner sur le bord de la Dhuys et c’est autour des élèves de l’école de Montfermeil de présenter le travail réalisé avec l’auteure de bande dessinée Juliette Mancini. Après la projection d’un petit film qui raconte tout le processus artistique de la résidence, les thèmes abordés, les formes narratives expérimentées, le cheminement jusqu'à l’impression de l’objet imprimé, les élèves invitent leurs camarades à feuilleter, manipuler, lire le fanzine réalisé collectivement puis à découvrir leurs planches de dessins ainsi que celles de l’artiste exposés dans le hall d’accueil des Ateliers Médicis.

Après deux heures et demie de bus, nos élèves arrivent, ils signent tous les signes du stress et de la peur en descendant du car. Nous aussi on a un peu peur ! (…) LES CM1 présentent une carte d’identité de l’enfant. Nous avons enregistré l’ensemble des phrases récoltées pendant l’année sur leurs peurs, leurs désirs pour l’école et leurs définitions de l’enfant. Ils sont très beaux, concentrés, et ensemble ! Il y a beaucoup d’émotions qui se dégagent de ce chœur.

Les élèves de la Chouette École de Richebourg

Deuxième journée / 22 juin 2018

Quatre jours plus tard, le 22 juin, nouvelle rencontre, nouveau croisement autour des projets de Louise Douet-Sinenberg et Mathilde Gentil « Loterie scolaire » (théâtre)  réalisé à l’école élémentaire de Doue et de celui de  Léandre Bernard-Brunel « Chasseurs de Snarks » (Arts visuels) à l’école élémentaire Henri Barbusse de Clichy-sous-Bois.

Pour débuter cette journée, Louise Douet-Sinenberg et Mathilde Gentil présentent un court extrait de leur spectacle Loterie Solaire mettant en scène le décor et la maquette réalisés avec les enfants ainsi que la création sonore enregistrée en partie avec eux. Dans la salle pas un bruit, les élèves sont fascinés et intrigués par cet univers sombre et apocalyptique à la Blade runner. Fin de la séance, les doigts se lèvent et les questions se bousculent auxquelles les élèves de Doue tentent de répondre malgré la complexité du sujet.

Il fut décidé d’exposer nos recherches au tout nouveau Lieu des Ateliers Médicis, à savoir : le plateau de jeu “Chasseurs de Snarks”, les dessins projetés par un lecteur de diapositives, et un montage-pilote des séquences tournées à quelques encablures de là. Et on a partagé tout cela avec les élèves de Doue, dont on apprit ensuite qu’ils nous étaient reliés par la Dhuis dont l’aqueduc souterrain longe les Ateliers Médicis. 

Les élèves de l'école Henri Barbusse de Clichy-sous-Bois

Après une partie de foot endiablée et les ventres rassasiés, retour à l’étrange et à l’imaginaire dans le monde des Snarks. Un film installation dresse le portrait des élèves qui ont accompagné la recherche de Léandre à travers le prisme du texte de Lewis Carroll « La chasse aux snarks ».

Puis sur le plateau, un dispositif est installé et invite notre jeune public à manipuler, raconter, jouer. Un lecteur de diapositives permet aux spectateurs de projeter dans la paume de leurs mains des Snarks grattés sur de la pellicule de film par les élèves de l’école Henri Barbusse. Ces derniers expliquent le protocole et guident leurs camarades de face à ce spectacle de lanterne magique de poche. Plus loin, le plateau de jeu « chasseurs de Snarks » conçus en classe est déployé sur une table de 80 sur 130 cm, avec la notice, les pions-totems, les cartes à jouer et des chaises. Les joueurs s’installent et les parties commencent.

Publié le 19 novembre 2018