L’Ouvroir

Laboratoire de projets artistiques, les Ateliers Médicis conçoivent et accueillent des ateliers/workshops qui se développent dans les villes de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil en relation avec les habitants et les acteurs du territoire (associations, bailleurs sociaux, professionnels, etc.). Ces ateliers/workshops d’expérimentation et de recherche menés en partenariat avec des écoles d’enseignement supérieur, ouvrent des perspectives, amènent à explorer les points de vue, les regards et à échanger collectivement.

L’ensemble de ces travaux constituent un véritable Ouvroir, c’est-à-dire une réserve d’essais et de tentatives, rassemblant les réflexions et les formes réalisées à l’occasion d’ateliers et d’échanges. Ils nourrissent la réflexion sur la construction du projet des Ateliers Médicis et des relations qu’ils fabriquent.

Le workshop annuel des Ateliers Médicis se développe cette année avec le Master Projets Culturels dans l’Espace Public (PCEP) (Université paris 1), en partenariat avec l’APES (Association Pour les Équipements Sociaux). Alors que la Résidence du Stade, se prépare à une rénovation, les étudiants du Master ont travaillé par groupe à 3 propositions de projet artistique et culturel pour le site et ses habitants. Le projet choisi et réalisé : Au fil du stade, mené par Alizée Noguer-Porte et Césaire Blain-Chupin déploiera plusieurs interventions artistiques et associe un groupement d’architectes pour la construction participative de mobilier urbain.

Le projet Au fil du Stade a pour objectif la construction d’un mobilier extérieur nouveau et original pour le quartier de la Résidence du stade comme outil de médiation. Pour se faire, Césaire et Alizée sont depuis le 16 avril et ce jusqu’au 15 juin, en permanence sur place dans un local aménagé au pied d’un immeuble de la Résidence. Cette permanence sera pour eux, un temps d’adaptation, d’immersion, de prise de contact avec les habitants, de partage, mais aussi un temps pour pouvoir évaluer, et diagnostiquer le plus précisément les besoins réels en mobilier sur ce territoire.
Le projet a pour ambition de se propager sur le territoire au fil des jours. Dans un premier temps, la Compagnie Polymorphes fera plusieurs apparitions impromptues pour accentuer le caractère inédit du projet, et tenir en éveil la curiosité des habitants en les stimulant par des étonnements quotidiens à travers des jeux d’espaces et d’improvisation.
Un affichage photographique sera par la suite, disséminé sur les façades de façon régulière, tirées des ateliers collaboratifs avec les habitants menés par la photographe Julie Balagué, lauréate de la première année de la commande photographique des Regards du Grand Paris.
En collaboration avec des étudiants de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais appuyé par leur enseignante Nadja Guadillère, le collectif d’architectes ICI ! et l’association M.U.R.A.L.S, les résidents sont amenés à s’exprimer directement sur leur lieu de vie en participant à la réalisation de fresques murales et à la construction de mobilier mobile et modulable.
Une fête, rassemblant l’ensemble des acteurs du projet, célébrera ces temps d’activité et les résultats du travail collectif accompli jusqu’ici. Cette journée sera l’occasion de profiter du mobilier et de marquer symboliquement la clôture des interventions menées par les étudiants, avec les artistes et les habitants. Elle permettra également de faire intervenir les associations locales afin de leur passer le relai.

Dans sa logique de laboratoire de projets artistiques en relation avec les habitants, les Ateliers Médicis ont préparé et accueilli un atelier de réalisation de films documentaires mené avec la Haute École d’Art de Design de Genève (HEAD).
11 films ont été réalisés par les étudiants à Clichy-sous-Bois, Montfermeil et leurs environs

L’atelier s’est déroulé en trois temps : les repérages du 13 au 22 décembre 2016, les tournages du 11 au 27 janvier 2017 et des projections des films lors du Temps suspendu #3 du 8 au 29 avril 2017. Les étudiants ont ainsi réalisés des films courts pour raconter les villes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil.

L’atelier/workshop était mené par Pauline Julier (cinéaste et responsable de la première année du département Cinéma/cinéma du réel de la HEAD) accompagné par Pierre Schlesser. Plusieurs professionnels sont intervenus auprès des étudiants tels que Lætitia Kugler (scénariste) et des artistes et chercheurs associés aux Ateliers Médicis : Joséphine Lebard (journaliste) et Elsa Vivant ( maître de conférence en sociologie et urbanisme).

SPEAP est un programme d’expérimentation en arts et politiques, rattaché à l’École des affaires publiques de Sciences Po. Chaque année, des projets sont réalisés en groupe, en réponse à des commandes provenant d’institutions, d’entreprises, d’associations… En 2016, le directeur des Ateliers Médicis passe commande au SPEAP pour une enquête sur le rôle du projet Médicis dans la reconfiguration d’un espace public. Une équipe pluridisciplinaire travaille sur cette commande jusqu’au mois de juin 2016 et partage ses recherches sous la forme de publications et de rencontres.

Le workshop aboutit à la création de deux publications, le livre Construire un lieu et le journal L’Ouvroir.

Construire Un Lieu, d’Anne Guillaume et Océane Ragoucy

Anne Guillaume, plasticienne et Océane Ragoucy, architecte, proposent dans cette publication une restitution de leur enquête comme un détournement, une augmentation du célèbre texte Construire un feu de Jack London, interrogeant ainsi les enjeux de nécessité et d’intensité liés à la construction d’un lieu culturel dans ce territoire de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil. Par ailleurs, elles ont retracé leur démarche personnelle dans cette enquête en participant à l’émission des Nouvelles vagues par Marie Richeux sur France culture le 16 juin 2016. Livre de 98 pages, tirés à 50 exemplaires

L’Ouvroir

Clément Postec, cinéaste et chargé de mission, Karine Sahler, dramaturge et géographe et Elsa Vivant, urbaniste, ont choisi de faire de la tour Utrillo le personnage central de cette restitution. À travers son histoire, c’est celle du territoire et des politiques publiques qui se donne à lire. Par ailleurs, ce groupe, accompagné par le metteur en scène Stéphane Schoukroun, a proposé une visite poétique de la tour Utrillo dans le cadre du Temps suspendu #1. Journal de 24 pages, tiré à 1 000 exemplaires