Les Signographes

Fabriquer les Signographes (enfin!)

Publié par Tanguy MaxenceR Chêne

Journal du projet

Comme je l'annonçais dans mon dernier journal, je m'étais préparé à (enfin !) fabriquer mes Signographes, et ce dès la fin du confinement.

Speedy300
Machine Speedy 300 de trotec, utilisée pour la découpe laser

J’avais opté pour la technique de la découpe laser : c'est un procédé permettant d'obtenir des découpes précises sur une planche de bois en brûlant celui-ci à l'aide d'un laser. En février 2020, j'avais suivi une formation au sein du FabLab « Les Ateliers Éclairés » de Strasbourg afin d'apprendre à utiliser une découpeuse laser.

Quelques mois plus tard, j'y retourne enfin pour réaliser mon projet. Au départ, je souhaitais offrir une visite de l'atelier aux enfants de l'école de Mackenheim, mais la crise sanitaire a rendu l'idée impossible à mettre en place. Au lieu de cela, je documente par des vidéos les différents moments de la découpe laser, comme vous le verrez dans la suite de ce journal. De cette manière, je pourrais montrer le processus aux enfants lors de mon retour à l'école (sans savoir alors si ce sera possible).

 

Je me rends au FabLab à deux reprises, une première fois pour réaliser mes propres Signographes (voir journal de création personnelle) puis une deuxième fois pour réaliser ceux des enfants (voir journal de création de formes abstraites avec les enfants).


La raison pour laquelle je voulais d'abord réaliser mes Signographes est la suivante : n'étant pas un habitué de la découpe laser (j'en avais déjà fait sur papier il y a quelques années, mais c'était ma seule expérience), j'ai préféré gérer les surprises de cette première séance de découpe sur mes propres productions.

 

Et j'ai bien fait. J'avais acheté du bois de mon côté et, en sachant que l'épaisseur maximale admise était de 5 à 6mm, j'ai pris un bois de 5mm d'épaisseur. Je voulais que les outils aient une bonne prise en main, d'où le choix d'un bois épais pour ce genre de travaux. Néanmoins, je n'avais pas pris en compte la densité du bois et quand je suis arrivé au FabLab, on m'a expliqué que le bois était très dense et qu'il serait compliqué à découper.

J'ai heureusement été accompagné par un des membres du FabLab et nous avons réalisés plusieurs tests sur le bois avant de trouver la bonne puissance de découpe couplé à la bonne vitesse.

Un autre paramètre inattendu auquel il a fallu faire face réside dans le fait que le bois n'est pas plat. Il gondole légèrement. Ainsi, j'avais placé trois Signographes par planche de bois et je devais finalement réaliser la découpe en deux temps.

fichier-de-decoupe
Les différentes couleurs indiquent à la machine dans quel ordre les éléments doivent être découpés ou gravés.

Nous commençons par découper les deux Signographes aux extrémités puis celui du milieu. Entre temps, il fallait mettre des poids sur le reste de la surface. Cette manœuvre permettait de raplatir le bois, ce qui se trouve être une condition nécessaire pour effectuer une découpe uniforme.

Quelques moments filmés durant mes deux séances au FabLab

De fil en aiguille, et alors que je pensais rester une heure au FabLab, j'en suis finalement resté trois. En terme de budget, cela a aussi augmenté par trois le total des frais de fabrication que j'avais prévu pour ces outils.

Néanmoins, je m'étais préparé à ce genre de surprises et j'ai pu m'adapter pour finalement aller au bout de ma fabrication tout en étant très satisfait du résultat.

Deux semaines plus tard, je retourne au FabLab pour réaliser les Signographes des enfants. J'ai appris entre temps que je pouvais retourner à l'école pour offrir au projet un véritable aboutissement.

Cette fois-ci, j'ai décidé d'utiliser le bois en réserve au FabLab. De cette manière, j'imagine que je ne vais pas avoir de problème en terme de densité et d'épaisseur de bois, d'autant plus que le personnel sur place connaîtra déjà les réglages de la machine sur ce type de matériau. Pourtant, au moment de découvrir les planches, on m'annonce que celles-ci sont là depuis avant le confinement, elles sont donc toutes gondolées, voir abîmées. J’extrais les plus exploitables, en espérant de tout cœur que j'arriverai à en tirer quelque chose.

Signographes abîmés

Une fois de plus nous devons faire preuve d'ingéniosité pour que la découpe fonctionne malgré l'état du bois, et à nouveau, cela met plus de temps que prévu (20min supplémentaire). Par contre, 2 des 18 Signographes découpés ne sont pas utilisables. Malheureusement, le bois étant trop courbé à certains endroits, les formes n’ont pas pu être découpées.

Signographes des enfants 1

Mais globalement, j'étais plus autonome que lors de la première séance, et le résultat obtenu reste bien satisfaisant.

Signographes des enfants 2

Il y a eu une vraie joie à réaliser ces outils ! C'est tout à coup, un travail de plusieurs mois, qui s'inscrit sur des supports tangibles et plus durables que du papier. Je suis maintenant très impatient d'essayer mes Signographes, notamment pour concevoir une nouvelle Série Abstraite (voir journal précédent). Mais je suis d'autant plus ravi d'apporter les leurs aux enfants ! Ces supports prennent véritablement l'allure de jouets et je suis certain qu'ils permettront à chacun.e de connecter avec la dynamique ludique de ma pratique de création.